Restolastminute en mode séduction

Un tiers des restaurateurs bruxellois ont adhéré au concept.

En trois ans, Restolastminute a attiré   un millier  de restaurateurs.  L’entreprise bruxelloise espère   à présent partir  à la conquête du monde.

Depuis quelques jours, Christophe Clerjaud a le sourire. Ce Français de 34 ans, Bruxellois depuis 6 ans, peut enfin se payer un café grâce à son activité.
Restolastminute.com rapporte aujourd’hui assez d’argent pour qu’il se verse un salaire et, grâce à sa nouvelle application, le jeune entrepreneur espère partir à la conquête de toute la Belgique, voire du monde.
Pourtant, rien ne prédestinait Christophe Clerjaud à monter son entreprise. Il grandit dans les beaux quartiers de Neuilly dans une famille de financiers. Mais devenir trader ne le tente pas. Il décide de devenir journaliste. Au bout de quelques années durant lesquelles son activité se rapproche plus du hobby que du gagne-pain, il décide de passer dans la pub et continue d’affiner sa plume pour des pièces de théâtre ou des humoristes. Et puis, en 2010, il rencontre celle qui deviendra sa femme, une Belge qui lui fait découvrir son pays natal. « C’était compliqué pour moi niveau intégration, se souvient-il. Alors, après quelque temps, nous avons fait un tour d’Amérique latine et, en revenant, j’ai eu l’idée de créer Restolastminute. »
Son concept est simple : proposer les tables qui sont toujours libres le jour même contre une réduction sur l’addition. Il en parle autour de lui. L’idée séduit un ami qui se lance avec lui dans l’aventure ainsi que sa sœur, trader, qui fournit la mise de départ.
Christophe Clerjaud n’a pas de connaissance technique en informatique, mais il a de la suite dans les idées. Rapidement, le site internet séduit les restaurateurs bruxellois. « En tant que Français, je trouve que les restaurants bruxellois proposent souvent des tarifs trop élevés. Un repas se transforme en vraie sortie pour la plupart des clients. L’addition grimpe vite. »
Mais avec 30 % de réduction, cela devient tout de suite plus raisonnable. Le client est content et le restaurateur aussi. Cela lui permet de remplir son établissement et de répartir ses frais de fonctionnement sur plus de tables. Ainsi, à midi, le site est accessible à la réservation. Par établissement, le gastronome voit combien de couverts sont disponibles, le pourcentage et fait sa réservation en quelques clics pour le soir même. Pour le restaurateur, tout est gratuit.
Christophe Clerjaud démarche lui-même, tente de convaincre les restaurants moyen de gamme. Aujourd’hui, sur les 1.002 établissements inscrits chez lui, 800 sont bruxellois. À présent, en un mois, le site internet et l’application enregistrent 20.000 réservations. « Pendant 2,5 ans, je ne me suis pas payé car tous les services étaient gratuits. Cela n’a pas fait plaisir à ma femme car nous venions d’avoir un enfant , plaisante-t-il aujourd’hui. Quand j’ai vu arriver sur le marché La Fourchette de Tripadvisor, j’ai eu peur mais finalement, nous ne proposons pas le même service. »
À présent, Christophe Clerjaud vient de mettre sur le marché une nouvelle application pour les restaurateurs et demande enfin une petite commission sur les couverts réservés via son site. « Je voulais que les patrons puissent agir en direct sans forcément avoir eu un contact avec un commercial de chez nous. »
Concrètement, le gérant de l’établissement télécharge son application, s’y enregistre et peut ensuite souscrire à un pack payant qui contient un certain nombre de couverts. La découverte débute dès 1,99 euro. Ensuite, chaque jour, le matin, il peut mettre le nombre de couverts libres et son pourcentage de réduction. Dès que c’est validé, un push apparaît ainsi qu’une publication sur la page Facebook du restaurant. « Un cuisinier à Shanghai peut s’inscrire s’il connaît restolastminute. À présent, nous avons des établissements en Flandre qui s’inscrivent alors que nous ne les avons pas démarchés. »